Review: Scapin’s Deceits (Théâtre français de Toronto) / Critique: Les fourberies de Scapin (Théâtre français de Toronto)

The Théâtre français de Toronto presents a colourful staging of Scapin’s Deceits / Le Théâtre français de Toronto présente une mise-en-scène brillante pour Les fourberies de Scapin

Critique en français à suivre.

Originally from Montréal, I was really looking forward to seeing the Théâtre français de Toronto in action. Having seen many successful Molière productions as a child and teenager at the Théâtre du Nouveau Monde for example, I had no idea what to expect Wednesday night and was curious to see how this ensemble would stand up next to other professional companies in the province of Québec. Let me just say that this was hands down the best piece of theatre I’ve seen in a while.

Set in Naples, Italy, Scapin’s Deceits tells the story of Octave and Léandre who are both in love. One of them is infatuated with a servant girl, the other with a gypsy. When their forbidden romances are threatened by their fathers, Scapin, Léandre’s valet, is asked to save the day and get them out of their predicaments. He carries out hilariously wicked schemes – which create more mischief than anything else – and even tricks the fathers into lending him an exorbitant sum of money.

At first, I wasn’t sure what kind of world this play was aiming to create. With modern elements like flashy hair dye and Toms style shoes being combined with period wigs and overcoats in a Neapolitan influenced setting with a beach, a clothes lines, and a hut with a clay roof, this postmodern mise-en-scène seemed a bit ambivalent to me at first glance.

But, in this case, I think I am the one to blame for not seeing sooner how deliciously all the different components complemented each other. The truly beautiful set, lighting, special effects, costumes, and overall colour scheme of the show blended with fine acting all round made me not want to leave the paradise director Guy Mignault was so successful in catalysing behind.

Molière’s works frequently meld Italian Commedia dell’arte elements with the more refined French comedy. It was clear from the get-go that almost without exception these actors were successful in this conjugation. They were committed, energetic, highly physical, and adept at exhibiting characteristics of their Commedia counterparts.

One of my favourite elements of the show was probably the singing. Although this play is most certainly not a musical, director Guy Mignault chose to include various Italian favourites into the show. Some of the cast members, it turns out, are positively skilled singers and musicians. These highly rehearsed musical numbers intertwined with a choreographed human wave really made you feel like you might be relaxing on a beach in Naples.

Wednesday night’s performance was also surtitled in English to accommodate anyone whose first language isn’t French. I remember being in a movie theatre in Prague watching an English film subtitled in Czech and found that nobody was laughing at the same time and was apprehensive that this might be the case for Scapin’s Deceits. But in truth, I found the surtitles to be accurate and extremely well timed.

As a native French speaker, I was anxious to see how my date, Patrick, who does not speak French beyond the occasional word, would experience the show. Not only did he love it, it’s all he could talk about on the way home.

This show might not answer your questions on the meaning of life or encourage you to re-evaluate your faith in mankind, but, in true Molière fashion, it’s definitely entertaining and hilarious. So perfectly executed, this show is a must see.

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Étant originaire de Montréal, j’étais vraiment impatiente de voir le Théâtre français de Toronto (TFT) en action. Après avoir vu de nombreuses pièces de théâtre de Molière, qui furent un succès, au Théâtre du Nouveau Monde lorsque j’étais à l’école primaire et secondaire, je n’avais aucune idée à quoi m’attendre mercredi soir. J’étais curieuse de voir comment cet ensemble interpréterait en comparaison aux autres compagnies de théâtres professionnelles de la province de Québec. Permettez-moi de vous dire que c’était la meilleure pièce de théâtre que j’ai vu depuis un bon moment.

Se déroulant à Naples, en Italie, Les fourberies de Scapin raconte l’histoire d’Octave et Léandre, qui se retrouvent tout deux amoureux. Ils se sont épris, l’un d’une servante, et l’autre, d’une bohémienne. Lorsque leurs amours interdits se trouve menacés par leurs pères, Scapin, le valet de Léandre, est prié de «trouver quelques inventions, forger quelques machines» pour les sortir de leurs difficultés. Suite à cette demande, il réalise des plans ridicules et méchants qui crées plus de mal que de bien et qui réussissent à duper les pères de lui prêter une grosse somme d’argent.

Au début, je ne savais pas quel genre de monde le réalisateur de cette pièce visait à créer. Avec des éléments modernes tels que de la teinture pour les cheveux et des chaussures de style Toms, associés à des perruques et manteaux de la période, un établissement au décor influencé de Naples, une plage, quelques lignes de vêtements ainsi qu’une cabane avec un toit en argile, au premier abord, cette mise-en-scène poste-moderne semblait un peu ambivalente pour moi.

Mais après avoir posé un plus long regard, on réalise comment toutes ces différentes composantes, finalement, complétaient le tout parfaitement et avec brillo! La scène, l’éclairage, les effets spéciaux, les costumes et l’éventail de couleurs de ce spectacle à couper le souffle, mélangé avec des interprétations de qualité supérieures, du début à la fin, m’a donné envie de me laisser entraîner au paradis que le réalisateur, Guy Mignault, a si bien réussi à mettre sur pied.

Les pièces de théâtre de Molière fusionnent fréquemment des éléments de la commedia dell’arte italienne avec la comédie française plus raffinée. C’était clair que dès le départ et presque sans exception, que ces acteurs ont réussit à interpréter avec succès ces deux types de comédie. Ils ont été comiques, énergiques, très physiques et aptes à exposer les caractéristiques de leurs personnages.

Un des éléments que j’ai préféré du spectacle était probablement les chansons. Bien que cette pièce de théâtre ne soit certainement pas une comédie musicale, le réalisateur Guy Mignault a choisi d’inclure divers morceaux italiens à sa production. Quelques-uns des acteurs sont aussi des chanteurs et musiciens qualifiés. Les pièces musicales étaient bien répétées et entrelacés d’une vague humaine chorégraphiée à nous donner l’impression que nous nous détendions sur une plage à Naples.

La présentation de mercredi soir a également été sous-titrée en anglais pour accueillir toutes les personnes pour qui leurs langue maternelle n’est pas le français. Je me souviens d’avoir été dans une salle de cinéma à Prague à regarder un film anglais sous-titré en tchèque, remarquant que personne ne riait en même temps. Je craignais que cela puisse arriver durant la présentation mais, en vérité, j’ai trouvé que les sous-titres étaient très précis et extrêmement bien chronométrés.

Comme le français est ma langue maternelle, il me tardait de voir comment mon invité, Patrick, qui ne comprend pas le français, au-delà de quelques mots, endurerait le spectacle. Non seulement a-t-il adoré, de plus, il ne pouvait pas parler de rien d’autre durant le chemin du retour à la maison.

Cette production ne répondra peut-être pas à vos grandes questions sur la vie et ne vous encouragera possiblement pas non plus à réévaluer votre foi en l’humanité. Par contre et sans équivoque, Les fourberies de Scapin réalisé par Guy Mignault réunit avec excellence le véritable style de Molière tout en étant divertissant et amusant. C’est à voir absolument.

Details/Détails

Photo:
– L-R Philippe Van de Maele, Nicolas Van Burek and Sébastien Bertrand

– Photo by/par Marc Lemyre